Sep 30 2011

Rail trip, part 7

« Bin alors, la suite, merde ! » OK, OK, nous y voilà. Le Sziget débute officiellement, et ce n’est pas n’importe quel artiste qui lance les festivités.

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Mardi 9 août – Day 0

Réveil plus ou moins difficile pour les troupes. En ce qui me concerne, la nuit a été très correcte, on part avec Pierre faire une petite balade sur l’île à l’aube (9h, si si, c’est l’aube). C’est toujours un moment agréable de voir le Sziget s’éveiller au petit matin, déjà purgé des excès de la veille. Les bénévoles, techniciens et autres membres du staff font un travail remarquable pour nettoyer en permanence les déchets laissés par les festivaliers, ce qui laisse la totalité du site dans un état de propreté incroyable au vu du nombre de personnes qui y circulent (~400 000 sur la semaine). Retour au campement après un verre de jus d’orange pressé et une part de pizza (il est 11h30, quoi de plus normal). Ben n’est pas en grande forme : la pálinka du Sziget n’est pas fameuse, heureusement qu’il ne la gardera pas longtemps sur l’estomac. Le reste de la troupe a sale gueule et mauvaise haleine mais globalement ça tient la route. La journée avance, on décide avec Pierre d’aller jeter un œil à l’un des rares concerts du jour, de la musique tzigane baignée de rock. Paroles stupides sur comment changer le monde en trois leçons, topo que ne renierait pas le premier groupe de ska venu. Mais à part ça la musique est de qualité et s’écoute avec plaisir.

Retour à la tente où le reste de la bande s’apprête à partir pour l’évènement de la soirée : Prince, sur la main stage. Je n’ai quasi jamais écouté Prince, le peu d’a priori que j’avais me faisait croire à un type doué qui joue du pop-rock un peu sirupeux. Grosse claque à l’ouverture du show : ce prince est diaboliquement rock ! Entouré de musiciens atypiques et scandaleusement doués, le concert est phénoménal. Comme si sa renommée ne suffisait pas à déplacer les foules, il a la chance d’être le seul à jouer à ce moment sur tout le festival ; quel que soit l’endroit où l’on pose le regard, c’est noir de monde. Après avoir attendu une heure l’entrée en scène de la star, une heure et quart de musique plein les oreilles et d’images plein les yeux, rideaux. Du moins le croit-on, car le show redémarre après cinq minutes de noir complet. Ce ne sera pas un rappel, mais quatre ou cinq qui se succéderont ainsi pendant plus d’une heure supplémentaire. Prince finit par faire monter des spectateurs sur scène, ils dansent avec les musiciens, participent à la fête : absolument génial. [J’imagine ce que ça devait être, pour les fans absolus de Prince qui squattaient les premiers rangs, en transe depuis deux heures, d’être choisis pour monter sur scène avec leur idole. Je pense qu’ils se souviendront longtemps de cette soirée]. Nous sommes exténués, mais heureux. On mange un morceau, puis les plus courageux s’en vont tester des stands et retrouver les pistes de danse surpeuplées. On tombe sur des Français sympas (il y en a !), on boit un peu plus que de raison, on rentre en pleine nuit en zigzaguant (classique…). Après une involontaire roulade dans un chemin caillouteux et très pentu (même pas peur, mais aussi, plus incroyable, même pas mal), je me pose près du Danube, « juste cinq minutes », et finalement quelques heures plus tard, Pierre me réveille alors qu’il fait jour et je vais finir la nuit dans la tente.

Aperçu de la faune szigetienneDébut du concert de Prince. Y'avait deux fois plus de monde derrière nous...Le concert de Prince est excellent de bout en boutLes fans sur scène

 

 

 

Mercredi 10 août – Day 1

Réveil un peu rude. Il souffle un grand vent froid qui contraste avec la chaleur toujours assez écrasante. Résultat, il fait froid à l’ombre (c’est désagréable), il fait chaud au soleil (c’est désagréable). Les concerts ne commencent tous les jours que vers 15h~15h30, ce qui laisse la matinée pour se retaper un chouïa. Le premier concert de la main stage me laisse un peu sceptique [d’ailleurs j’ai oublié ce que c’était. Le programme dit « The Maccabees », c’était bien ça ?], encore un groupe de rock anglais qui s’écoute mais sans originalité. Décision unilatérale de rentrer au campement pour grappiller quelques heures de sommeil. [J’apprendrai après coup que Ben et Guillaume Ogero ont profité de l’aprèm pour se faire faire un piercing, et Léo un tatouage (d’après un dessin que j’avais fait, si si !).]

J’émerge vers 18h30, réveillé par la douce alarme de mon Sziget phone de l’an dernier. Héritage précieux, car Vodaphone, partenaire de l’évènement, a cessé cette année de distribuer ces petits téléphones portables bon marché qui s’étaient vendus comme des petits pains l’an dernier. Grâce à ces merveilles technologiques, on pouvait en permanence (tenter de) joindre ses camarades quand on se retrouvait une fois paumé, ce qui, sur le festival, arrive assez fréquemment. On n’avait pas à embarquer son véritable téléphone (encore que bon, le mien, il a encore de bonnes vieilles touches et plus tellement de valeur), ce qui était plutôt pratique. Retour sur la scène principale pour voir Interpol, autre groupe anglais bien meilleur que le précité. Crochet par la scène rock/metal pour voir la fin du bestial concert de Motörhead  (sympatoche, mais toutes les chansons sont bourrines et strictement identiques. Le batteur est une brute surhumaine). Enfin retour sur nos pas pour Pulp, qui conclue les concerts du jour sur la main stage. Jamais entendu parler de ce groupe de ma vie, mais le chanteur et le style décalés m’ont plutôt séduit. De bons effets de lumière pour ne rien gâcher. Je file ensuite à la tente chercher l’appareil photo de Léo pour immortaliser un peu la fin de soirée. Je croise évidemment plein de monde sur le chemin du retour, notamment deux sympathiques hollandaises (la communauté néerlandaise doit être, avec les Français, la plus représentée au festival hongrois). Quelques verres, un peu de danse au milieu de la foule sur musiques entendues 1000 fois (hors du cadre du festi, ce genre de divertissement me ferait horreur, mais là, après que la musique se soit tue sur les scènes, quand on a oublié qu’on était fatigués, on veut que la fête dure encore, toujours). J’aborde une autre sympathique hollandaise qui a égaré ses copines, invitation naturelle à rejoindre notre bande de joyeux et piètres danseurs. Elle est plutôt jolie, on s’entend plutôt bien, surtout après avoir quitté les pistes et leur volume assourdissant. Je crois avoir égaré mes camarades de festia. Je l’ai peut-être un peu fait exprès.

 

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Sep 15 2011

Rail trip, part 6

La grande capitale hongroise nous tend les bras ! Le festival du Sziget ne débute que le 9, ce qui nous laisse un peu de temps pour visiter la ville. Enfin, en théorie…

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Dimanche 7 août

Départ de l’auberge de jeunesse après cette nuit fort peu réparatrice. Sandwich sur le pouce à la gare avant d’embarquer pour Budapest, cœur du périple. Arrivés à destination, on décide de réserver les billets de train pour la deuxième partie du voyage, celle de l’après festi. On y arrive en partie, non sans mal, les guichets hongrois ne sont pas vraiment équipés à la pointe de la technologie.
À la sortie de la gare, les taxis nous harcèlent pour nous emmener sur le site du Sziget. [L’afflux de festivaliers est une manne dont ils veulent profiter, mais leur acharnement à vouloir nous emmener nous les rend absolument insupportables. Malgré leur incessante baisse du prix de la course afin de nous harponner, on décide d’utiliser les transports en commun. Peine perdue, ils reviennent à l’assaut avec un petit fourgon, qui peut nous emmener tous les six. On finit par accepter, non sans avoir marchandé un dernier coup. Au final, on traverse Budapest pour 20€ à six (si ma mémoire est bonne), soit trois fois moins cher qu’annoncé au départ.] On pensait que l’île n’ouvrait ses portes aux festivaliers que la veille du Day Zero [c’est à dire le 8 août], en fin de compte il semble que l’on puisse pour 10€  s’installer avant. Plutôt que de perdre du temps à trouver, pour un jour, une auberge ou un camping, on opte pour cette solution. Après les guichets de la gare, nouvelles files d’attente à l’entrée du Sziget, sous un soleil de plomb, pour finalement décrocher le fameux bracelet jaune synonyme de laisser-passer pour toute la durée du festi. Il faut encore poireauter en attendant les fouilles des bagages, et l’on peut enfin entrer dans la place, à la recherche d’un emplacement pour nos tentes. Il y a déjà du monde à deux jours du début officiel des festivités, mais on trouve un bon emplacement à l’ombre, près du Danube (j’écris ces lignes lundi 8 à quelques centimètres du clapotis de l’eau, dans un silence quasi total) et surtout loin du camping français, nouveauté de cette année.
Les Français sont la plaie du festival [pour être honnête et a posteriori, j’ajouterais que les Hollandais imbibés ne sont pas mal non plus. Ce sont les deux nationalités les plus représentées sur le site]. Évidemment, tous sont loin d’être insupportables, mais une large proportion de beaufs gueulards et avinés vient régulièrement troubler la bonne humeur générale par des cris bestiaux et un sans-gêne certain. L’idée de cloisonner le public dans des campings particuliers par pays (même si personne n’a l’obligation de s’y mettre) casse une bonne part de l’esprit melting pot du lieu, grand brassage de multiples nationalités ; c’est pourquoi nous l’avons volontiers boudé d’un commun accord.
À peine quelques  pas dans les allées qui sillonnent l’île et l’on retrouve déjà l’ambiance singulière qui nous avait tant séduit l’an dernier, ça sent bon la joie de vivre. Le business semble malheureusement avoir gagné du terrain, adieu exotiques pièces et billets hongrois, tout se paye désormais avec une carte que l’on recharge et avec laquelle on peut payer partout en la passant devant des petites bornes qui font « bip » [ou bien « bip… Non ça marche pas… bip… Réessayez pour voir… bip… encore une fois… bip bip bip bip bip ah c’est bon ». La marche du progrès n’est pas un long fleuve tranquille]. C’est plus pratique, mais ça incite aussi à consommer sans se soucier des prix qui ont pourtant sérieusement augmenté depuis l’année dernière. Retrouvailles émouvantes avec la Dreher (la bière partenaire du Sziget), le Nol City (club ouvert qui se veut vaguement branchouille où passent toujours les mêmes musiques), le stand Axe (pour l’instant pas encore peuplé des bimbos qui y travaillent et aguichent le client) et surtout l’immense scène principale, cœur déjà palpitant grâce à quelques groupes qui chauffent la place. Pas d’excès pour ce soir, on rentre dormir aux tentes, profitant de ce que l’île est encore assez calme. Ça ne va pas durer.

Le pont qui sert d'entrée principale

Main stage en cours d'installationUne ligne pour le limboEsplanade devant la main stage, encore déserte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 8 août

Guillaume [l’autre Guillaume, pas mon frère. Pour pas avoir à le préciser à chaque fois, j’appellerai toujours Guillaume « Guillaume », et mon frère « mon frère », ça me semble une idée de génie] a dessiné la veille un plan de l’Europe sur la tente achetée à Vienne, avec notre itinéraire. À côté, on a inscrit un message incitant les gens à indiquer d’où ils venaient en ajoutant un point sur la carte. Au réveil et après quelques heures, des noms sont déjà venus s’ajouter, on espère qu’elle en sera recouverte à la fin du séjour. Le rythme Sziget s’installe déjà alors que les concerts ne débutent que demain : glande, balades, boisson et bouffe moyennement saine ; le temps s’écoule vite et lentement à la fois.
Départ pour les thermes en milieu d’aprèm [Budapest est une ville thermale, il y en a un peu partout], histoire de se délasser après la fatigue des voyages. On retourne à l’endroit où nous avions été l’an dernier, mais dès l’entrée on voit que quelque chose à changé depuis notre dernière visite : des panneaux estampillés Sziget ostensiblement placés et un employé du festival sont là pour nous accueillir.  L’année dernière, pas besoin d’un entremetteur, on allait acheter nous-mêmes nos billets à la caisse comme n’importe quel visiteur, ici il faut attendre l’aval et les inutiles explications du planton. Même topo pour les vestiaires : après un dédale d’escaliers et de couloirs, les vestiaires spéciaux nous sont attribués, dans un baragouin qui se veut à peu près anglais. On a un badge avec un numéro, mais il faut demander pour qu’on nous donne un endroit pour se changer, bref, un peu le bordel. Le Sziget change la donne, le business, toujours, s’immisce un peu plus dans la vie de Budapest. Cette année il existe un bracelet Citypass qui offre un tarif intéressant sur les transports, les thermes, les musées et divers autres avantages. L’initiative est louable, mais là encore elle contribue à faire des festivaliers des gens à part, coupés de la population locale. Je trouve ça regrettable, bien que probablement il s’agisse là, malheureusement, de l’évolution « normale » d’un évènement populaire de plus en plus attractif.
Bien ramollis, on rentre sur l’île d’Óbuda (Óbudai-sziget en hongrois, d’où le nom du festival). Quelques gouttes de pluies, rien de méchant [ce seront à peu près les seules du voyage]. La main stage [« scène principale » pour les anglophobes] est occupée par un groupe local qui fait de la méchante soupe pop-rock avec force chanteuses à poitrines et chorégraphies stéréotypées. Un peu alcoolisé, ça passe presque. La nuit commence à tomber, et s’impose le constat que les deux jours précédents le festival qui devaient théoriquement nous permettre de davantage visiter la ville n’ont pas vraiment été employés à cet effet. À notre décharge, il est extrêmement difficile, une fois le pied posé le pied sur cet îlot de fête et de bonne humeur, de parvenir à s’en extraire. On se console autour d’un verre de SoCo & Kinley (peut-être même plusieurs, parce qu’on était très tristes).

Je triche un peu, ce sont des photos prises le lendemain, mais ça marche quand même.

Glande généralisée au soleil.Allee aux drapeauxLa fameuse tenteLes rives du Danube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sep 9 2011

Rail trip, part 5

Nous voici à Bratislava, pour un séjour encore plus bref qu’à Prague et Vienne, mais tout aussi mémorable. Ah, au passage, j’ai enfin pris le temps d’ajouter quelques photos sur les articles, allez jetez un œil ! 

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Samedi 6 août

On n’avait pas vraiment prévu de visiter Bratislava (Bratislavia selon Léo) dans les plans initiaux, mais finalement on décide d’y passer la journée du samedi. On tente de profiter de la matinée sur Vienne que l’on a trop survolée comparé à tout ce qu’il y avait à y voir, mais suite à quelques merdouilles avec le bus, on arrive tard à la gare où l’on pensait laisser nos sacs. Plutôt qu’un retour express dans la capitale autrichienne, on part un peu plus tôt que prévu pour Bratislava (il y a pas mal de trains, les deux capitales étant distantes de 60 kilomètres seulement).
Arrivés sur place, on se met à la recherche d’une auberge de jeunesse, n’ayant pas vraiment préparé le terrain.  Après quelques errances, on en trouve une qui nous fait la nuit à 15€ et des brouettes, cher, comme partout dans la ville en ce qui concerne le logement. Les locaux valent le détour cependant : passé le hall flambant neuf, l’arrière boutique est assez rustique : ascenseur sans porte de protection (on peut toucher les portes et les murs des différents étages en montant), chambres d’étudiants assez roots avec tapisseries diverses sur un même mur, chaises d’un autre âge, douches en kit. D’une façon générale, aucune unité d’ensemble, chaque chambre est différente, sans doute plus ou moins bricolée avec le matériel dispo. En somme, génial et parfait pour une nuit.

Sol en béton brut, rideau de douche en option. Pas la pire.

Périphérie de la ville, depuis la fenêtre de l'auberge. Pas de la première jeunesse.

 

 

 

 

 

 

 

Une fois les sacs posés, direction le centre ville. Les faubourgs de Bratislava ont des allures de ville fantôme. Est-ce parce qu’on est samedi, en plein mois d’août, qu’il fait plutôt très chaud, ou est-ce une situation habituelle ? Des maisons abandonnées en ruine, des terrains vagues derrière des grilles rouillées ou des portes vermoulues, pour empêcher d’entrer ou de voir ce qui se cache derrière. À côté de ça, quelques îlots de vie, des voitures modernes éparses, qui contrastent avec les tramways-bus sur roues. Nombre de bâtiments rappellent le passé communiste récent.

Bratislava, sa circulation infernale, sa foule oppressanteSavoureuse pause déjeuner

 

 

 

 

 

 

 

On pense trouver plus d’activité en centre ville, mais le résultat n’est pas vraiment concluant. Reste les ruelles pleines de charme et de vieilles pierres. On finit par tomber sur une allée piétonne avec de la verdure et des fontaines et où enfin, ça bouge. Pas mal d’activités de plein air : des types jouent aux échecs sur un échiquier géant, plus loin une scène avec des danses traditionnelles, ici un concert au public exclusivement troisième âge, venu écouter une chanteuse qui chante plutôt bien, presque comme Piaf et à peu près en français. Assez marrant et sympa à écouter.

Clocher d'églisePetite fatigue ? Une bien belle publicité pour la ville

 

 

 

 

 

 

 

Pause désaltérante dans un pub irlandais (typique, donc), plutôt vide. Consolation sur le pichet de 1 litre à 3€ [ça faisait longtemps que j’avais pas parlé bière, hein ?]. Nouvelle petite promenade avant de manger, les rues du centre s’animent peu à peu. La température devient parfaite, l’ambiance également. Resto sympa, malgré un serveur assez peu affable. 40€ pour six, et ce en trouvant le moyen de nous faire arnaquer avec des plats facturés en double. À noter aussi qu’on goûte le vin local, et pour une fois qu’on trouve un pays un tant soit peu viticole, le résultat n’est pas terrible… On retourne au pub qui s’est rempli et animé. Les rues aussi se peuplent, les gens s’installent aux terrasses. Bratislava s’éveille à la tombée de la nuit.

Ruelle du centre villeLa très jolie place centrale

 

 

 

 

 

 

 

Dans le pub, un groupe de personnes jouent sur une petite scène improvisée des chansons que l’on suppose slovaques en s’accompagnant à la guitare. Ils se passent les instruments, garçons et filles se relaient derrière le micro. On se trouve une table plus proche de la scène. Les chants slovaques laissent place à des classiques du rock revisités en acoustique sur ces guitares maîtrisées de façon experte. Il nous semble que les musiciens puisent l’inspiration dans le public, alors on participe : on souffle des titres au chanteur qui transmet au musicien, ou l’inverse. Ils semblent connaître les paroles de tous les standards du genre, réinterprétant les mélodies à leur sauce pour un résultat magnifique. On se croit hors du temps, dans cette bulle festive et chaleureuse, dans ce bar perdu à l’autre bout de l’Europe. Je glisse à l’un des chanteurs, venu s’asseoir à la table voisine : « Could you play a Doors song? You know, the Doors… – I don’t know… we have have no keyboard ». Quelques minutes plus tard, il remonte sur scène, et la petite troupe enchaîne avec Break on Through et trois autres titres du répertoire du groupe de Morrison. Bonheur. Layla de Clapton, Hotel California, Ain’t no Sunshine de Bill Withers, Pink Floyd et son Wish You Were Here… On n’est pas loin de la crampe des zygomatiques à force de sourire béatement d’admiration. Ils jouent depuis des heures et leur plaisir communicatif infuse par tous les pores de la peau.

Tarif imbattableUne petite partie de ce groupe protéiforme

 

 

 

 

 

 

 

Quand enfin ils cessent de jouer, on prend plaisir à aller parler avec eux, de leur vie, à Bratislava et ailleurs, de la nôtre, en France, ici, et demain là-bas. Je m’attarde à discuter avec la si jolie chanteuse, je glane des autographes du groupe qui semble presque gêné de tant de reconnaissance. Je quitte le bar un peu trop ivre, un peu trop amoureux et un peu trop heureux pour avoir franchement envie d’aller dormir la poignée d’heures qui nous sépare du réveil-matin sonnant le départ pour Budapest. Ain’t no sunshine when she’s gone, Bill Withers a bien raison.

 

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Sep 4 2011

Rail trip, part 4

Notre séjour à Vienne, trop rapide, hélas. Mais d’autres folles aventures nous attendent ailleurs…

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Jeudi 4 août

Après cette nuit un peu irréelle, Arnulf vient avec nous prendre un petit déj au Mc Do. Sur ses conseils, on commande un (quasi) vrai petit déjeuner viennois (Mc Donald’s semble faire beaucoup plus d’efforts pour s’adapter à la couleur locale qu’en France).  Dernières discussions avant que nos routes se séparent, puis, finalement, départ d’Arnulf dans sa fabuleuse tenue de travail : chemise, short et tongs pour aller bosser dans un cabinet d’avocats ou quelque chose du genre. Notre séjour dans la capitale autrichienne pouvait difficilement mieux commencer.
Billet de transport en commun en poche, on prend l’impeccablement propre métro de Vienne, puis le bus pour rejoindre notre camping au nord de la ville.  On plante les tentes pour la première fois, du moins ceux qui en ont, Ben et Guillaume ont décidé d’en acheter une sur place. Courses rapides au supermarché du coin, tentative infructueuse de trouver une tente pas trop chère. Retour au camping pour un aprèm plutôt tranquille, on fait un break.  Douche, fringues propres et le reste à laver, on passe ensuite quelques heures à la piscine publique située à deux pas pendant que Guillaume et Ben sont partis à vélo en ville pour enfin trouver leur bonheur. On pensait visiter une petite abbaye locale mais le temps passe plus vite que prévu. [Shame on us d’avoir quelque peu dilapidé une partie du peu de temps passé à Vienne à buller sur le camping. À notre décharge, les heures de trains et les kilomètres à pied dans Prague nous avaient tous pas mal lessivés, ça a fait du bien de recharger les batteries]. On pique-nique avec nos emplettes et la soirée file l’air de rien, tout occupés que nous sommes à refaire le monde autour d’un verre.

 

Vendredi 5 août

Visite de Vienne. On réussit à quitter le camping sans trop tarder pour profiter de la journée. La ville est magnifique, de  grandes avenues ouvertes et piétonnes pour la plupart où l’on circule librement. De belles églises baroques, où il faut parfois payer (cher) pour avoir accès à certaines parties. On décide de visiter une partie de l’immense palais des Habsbourg, notamment la partie qui contient le musée consacrée à l’Impératrice Élisabeth de Wittelsbach, Sissi pour les intimes, ainsi que ses appartements. Malgré un tarif réduit étudiant qui laisse dubitatif (9€50), on ne regrette pas : le musée est passionnant, très bien présenté et mis en valeur. Ça donne envie de s’intéresser de plus près à la vie de l’Impératrice, grande dame en avance sur son époque, indépendante et assez peu encline à se soumettre au cérémonial de la cour.
Pause déjeuner, sandwich à l’ombre d’une petite place, on se met d’accord sur la visite du Musée d’histoire naturelle pour l’après-midi. Là non plus, on ne sera pas déçus : le musée est gigantesque (presque trop), passionnant et magnifiquement présenté [Le muséum de Paris peut aller se rhabiller, avec ses animaux miteux et poussiéreux et sa muséographie d’un autre siècle]. Les collections de roches, plantes et animaux sont impressionnantes en quantité et qualité. Les salles sont remplies d’une multitudes de petites « activités » ludiques et interactives qui rendent la visite encore plus attrayante (définitivement un musée pour les enfants de 7 à 77 ans). La visite est malgré tout assez éreintante : il fait une chaleur à crever dans le palais qui abrite les collections. Pour ne rien arranger, j’ai chopé un sale rhume qui me colle de la fièvre, je finis la visite un peu KO. Trois heures pour en faire le tour, et on ne s’est pas attardé partout.
Après un nouveau repas sur la pouce, on rentre au camping pour finir de grignoter et se désaltérer. Instants tranquilles consacrés à un laborieux apprentissage du tarot, dans la douceur du soir viennois. Nuit dans la tente, mon rhume va mieux après un cocktail bière-médocs.

Vienne, ses rues vastes, ses batiments imposantsLes églises baroques sont ici aussi impressionnantesAutre église. Il n'y a jamais trop de fioritures.Guillaume et un type, lors de la pause déjeunerMusée des Beaux-ArtsPapillons de l'immense collection d'insectes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Placez le curseur sur les vignettes pour lire les légendes. Merci de ne pas utiliser ces photos sans autorisation. Il va falloir que je répète ça à chaque fois ou au bout d’un moment, je pourrai considérer que vous avez pigé le système ?

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Août 30 2011

Rail trip, part 3

Prague ! Chouette ville, on aurait pu y passer une semaine sans manquer de choses à voir.

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Mardi 2 août

Première véritable journée à Prague. Petit déj à l’école-auberge et descente à pied vers le centre ville, sous le soleil. La capitale tchèque est une très belle ville, malheureusement un peu pourrie par les boutiques à souvenirs débiles et autres attrape-touristes. La place centrale est magnifique, avec la célèbre tour ornée de l’horloge astronomique. Toutes les heures, flux et reflux des touristes qui s’empressent de prendre en photo les automates qui animent la façade et le type en costume qui vient souffler un air de trompette depuis le sommet de la tour. On se balade pas mal avant de se trouver un petit bar restaurant pour boire un coup et casser la croûte. Le lieu est essentiellement peuplé d’autochtones, ce qui fait du bien au milieu des vagues de touristes. Les murs sont tapissés de dessins de plus ou moins bon goût, ça vaut le coup d’œil. Premières bières de la journée, premier repas tchèque, une sorte de goulash très bon (et pas cher). Visite du musée Mucha l’après-midi : superbes dessins et affiches du maître de l’art Nouveau. On achète beaucoup de cartes postales souvenirs dont la plupart ne connaîtront jamais une boîte aux lettres. Balades à nouveau, visites, on marche pas mal. On cherche un bar où se produisent régulièrement des musiciens, on opte pour un club de jazz. Pour l’anecdote, Bill Clinton y est venu jouer du saxo. Un trio jazz tchèque anime la soirée, avec un quasi Sean Connery à la batterie (à défaut de Bill, c’est pas mal). Très bonne prestation (quoiqu’assez classique), dans une ambiance feutrée. On rentre ensuite à l’auberge de jeunesse en se fiant à un vieux Guide du Routard où elle n’est même pas indiquée. Après avoir pas mal erré, on trouve une fille sympa qui nous indique qu’on n’est pas du tout au bon endroit. On finit par regagner notre école primaire avec quelques kilomètres imprévus dans les pattes (ceci dit, se balader dans Prague la nuit, même sans être dans les plus beaux quartiers, y’a plus désagréable).

Tour et horloge astronomique

Une jolie rue de PragueL'appétissant contenu de mon assietteUne affiche pour le musée du communismeEglise de Notre-Dame de TynLe concert de jazz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 3 août

Deuxième et déjà dernière journée à Prague. Balade dans les ruelles, on s’émerveille devant les boutiques qui vendent des « Fouines à balles » [une connerie à touristes dont le vrai nom est Weasel Ball, cherchez sur Youtube pour voir la gueule du truc]. On tentera de se cotiser à la fin de la journée pour acheter une de ces merdes mais finalement, hélas, on n’aura pas assez. On fait un break dans une petite cour intérieure au calme (pause bière, évidemment). On a décidé d’explorer le quartier de Malá Strana situé de l’autre côté de la Vltava, le fleuve qui traverse la ville. On passe par le pont Charles, noir de monde, mais fort joli panorama. Malá Strana, c’est très beau, mais ça grimpe sec, heureusement qu’on n’a pas les sacs à dos. Pause de midi (largement passé) dans un petit resto pas fort accueillant, même si on y mange bien. Fin d’aprèm passée sur les hauteurs. La longueur du chemin du retour paraît assez colossale, surtout après les kilomètres parcourus pour arriver jusque là et la chaleur écrasante. Finalement on se met en route, on dépense les dernières couronnes tchèques dans des bouteilles d’eau [oui, parfois on en buvait, aussi]. Retour à l’auberge de jeunesse pour récupérer les sacs et départ pour Vienne, sans réservation ni camping prévu.

[On pensait arriver à Vienne un jour plus tard, mais avec les disponibilités des trains, ça s’est fait comme ça.] À la gare de Vienne, on cherche en vain une auberge pas cher et dispo, les campings étant trop excentrés. Rien. Ça sent bon la nuit pas follement réparatrice dans la gare ou, au mieux, un bar qui ferme assez tard. Un type vient nous voir et nous accoste en français, nous demande ce qu’on cherche. On lui demande s’il connaît un coin où on pourrait passer la nuit. Oui, il connaît un coin : chez lui. On reste un peu hébétés : on est six, avec chacun un sac à dos imposant sur les épaules. Il insiste, aucun problème, venez, venez. Assez surréaliste, on a du mal à croire qu’il existe encore des gens qui invitent des inconnus croisés deux minutes avant à dormir chez eux, comme ça. [Je sais, vous vous dites, ça sent le plan douteux. À vrai dire, sur le moment, nos craintes se sont limitées à un vague a priori. Ce gars est venu vers nous avec une telle sympathie et une telle ouverture qu’on n’avait pas vraiment peur d’un hypothétique danger. Pis bon, on était six gars, pas des montagnes de muscles mais on aurait quand même pu vaguement se défendre.]
Arnulf et Kevin, son colloc, nous accueillent comme des princes dans leur appartement, nous font la cuisine. On discute de ce qu’on fait dans la vie, de l’âge qu’on a, des filles, de Vienne. Ils ont tous les deux vécu en France pendant plus d’un an, travaillant à des missions d’aide sociale. On découvrira, un peu plus tard, qu’ils sont Mormons. La religion a l’air de leur tenir assez à cœur et ils semblent avoir une hygiène de vie assez irréprochable. Ils ont le même âge que nous mais nous dépassent d’une tête et sont plutôt baraqués (sportifs réguliers et assidus). Jamais pourtant ils ne cherchent à nous faire passer une quelconque propagande religieuse, laissent sans problème ceux qui le souhaitent aller fumer dehors. Ne transparaît chez eux que ce que devrait toujours être les valeurs de la religion : l’ouverture d’esprit et le sens du partage. On ne compte plus les fois où on les remercie, ils en rigolent. On déplie les sacs et duvets dans la pièce principale, Arnulf nous laissera même son lit, malgré nos protestations : nuit au confort absolument inespéré quelques heures plus tôt.

Le pont CharlesUne des nombreuses églises baroques de la villeUn parc tranquille dans Mala StranaDe jolies filles prises à la dérobée...Sommet de Mala StranaUne jolie maison dans Prague

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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