Rail trip, part 11

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Nous avions laissé nos six héros à l’aune d’une tragique scission de leur fine équipe à Zagreb, une partie entreprenant le voyage du retour via l’Allemagne, l’autre descendant plus au sud pour rejoindre l’Italie. Je fais partie du second groupe. Devant nous la dernière véritable étape de notre périple européen : les dédales de la Sérénissime.

Mercredi 17 août

Le train qui nous amène à Venise devait arriver vers 7h et quelques, mais avec le retard on est bon pour faire des heures sup’. Jusque là, on a eu de la chance, tous les retards de trains se sont produits alors que nous n’avions pas de correspondance.
Une famille de Roumains squattent nos places, deux bambins endormis en travers des banquettes. On se case à côté, tant bien que mal. Le billet annonçait des sièges inclinables, au final c’est nous qui devons nous incliner devant la raideur inflexible des dossiers. Le voyage s’annonce long, je sommeille mollement quelques petites heures avant de meubler le reste de la nuit en complétant mon carnet sur les derniers jours écoulés. Mes acolytes ont tous les deux réussi à fermer l’œil, tant bien que mal. Sans que je sache trop à quel moment, les panneaux croates ont fait place aux panneaux en italien, et le soleil s’est levé. Les gosses roumains commencent à s’agiter et courent dans les allées. La famille a l’air de voyager plus ou moins légalement, les contrôleurs regardent les documents qui ont l’air de leur servir de billets de façon suspicieuse. On pensait qu’ils allaient descendre à Mestre, en fin de compte ils font route avec nous jusqu’à Venise (Ben les verra mendier et se faire engueuler par un Anglais à l’arrivée).

La gare de Venise ne laisse pas vraiment soupçonner que nous sommes sur une île. Sauf qu’une fois sortis, il y a de l’eau sur la route, et les voitures ont des rames. Petit arrêt au point info pour savoir quelle ligne de vaporetto pour gagner Punta Sabbioni où se trouve le camping, achat d’une carte de Venise. On monte ensuite dans le bus flottant, pas bien rapide mais j’ai déjà vu pire comme cadre pour laisser vagabonder le regard, surtout qu’il fait un temps magnifique.

Depuis le vaporetto, la ville sous le soleil

On loge au camping Miramare, particulier pour moi puisque j’y suis déjà venu il y a plus de 10 ans, lors de mon premier séjour en Italie, en voyage de classe. À l’arrivée, il n’y a pas grand chose de changé, si ce n’est que tout paraît plus petit. Je revois les petits bungalows en bois où on logeait à quatre ou cinq. Plantage de la tente, douche pour se laver des longues heures passées dans ce foutu train. On ne perd pas de temps, on repart pour Venise débarrassés des sacs. Étant donné l’état des finances en fin de périple et le prix des visites, on décide de surtout se balader dans les ruelles de la ville aux innombrables canaux. Il y a du monde, sans doute moins qu’au milieu de l’été, mais les touristes sont bien présents. À moins de faire un pas de côté : excepté les grands axes touristiques, j’ai été impressionné par la rapidité avec laquelle on quitte la foule en s’enfonçant au hasard dans une petite rue. Je me souvenais de ce phénomène, mais je ne l’imaginais pas si prononcé. Les touristes sont des fourmis qui suivent un fil invisible sans jamais en dévier. Du coup, se perdre dans les ruelles est un bonheur. Chaque mètre carré mériterait d’être pris en photo. Chaque petit passage donne envie de s’y enfoncer pour découvrir une petite cour cachée, une porte intrigante, un autre sentier fascinant. Pas étonnant que la ville ait inspiré tant d’artistes, Venise est l’incarnation du mystère. On pourrait passer des heures à errer au hasard, sans se lasser, dans ce labyrinthe de ponts et de canaux. [Nous sommes tombés par hasard sur l’expo Pietas de Jan Fabre, dans l’ancienne église Santa Maria della Misericordia. Très étrange à voir, plus d’infos sur cette page web.]

Petits canaux deserts

Hors des sentiers battus, personne

Le panneau qui vous pose une colle le jour du permis

Batiments et canaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrêt gelateria, sans doute pas les meilleures glaces de l’Italie mais sans guide ni informations, pas évident de le savoir avant de goûter. Au demeurant, elles restent absolument excellentes comparées à ce qu’on trouve dans le commerce. On trouve un petit café-resto un peu isolé, prêt d’un canal, pour étancher notre soif. Je prends les paris : chacun de nous essaie de deviner où nous nous trouvons sur la carte de la ville. On demande ensuite au serveur : perdu, nous sommes rendus beaucoup plus loin qu’on le pensait.

Serenite

...
Nouvelles balades avec cette fois-ci l’objectif dessiné de retomber sur la piazza San Marco. On essaie de se repérer sur le plan, tant bien que mal. Passage sur le pont du Rialto, puis celui de l’Accademia. On regagne la place alors que le soleil décline. Quelques ultimes photos avant de retrouver le vaporetto et de rentrer.

Le Grand Canal, depuis le pont de l'Academie

La place Saint Marc au soleil couchant

 

 

 

 

 

 

 

Pendant nos promenades dans les ruelles chaudes de la Cité des Doges, la perspective d’aller faire un saut dans l’Adriatique était plus que séduisante, mais avec la nuit tombante et la relative fraîcheur qui s’installe, l’idée s’éclipse de nos pensées.  Pour l’instant, on a surtout en tête l’idée d’un bon repas dans un petit resto italien. Il y en a un qui semble pas mal pas très loin de notre camping. Tant pis pour le porte-monnaie, on se fait plaisir. Avec un bon plat de pâtes italiennes (vous n’avez jamais mangé de raviolis si vous n’en avez pas goûté dans un bon restaurant italien), le vin blanc pétillant est une bénédiction après les litres de bière du séjour. Retour au camping le ventre plein, l’esprit léger.
Cette fois, ça sent la fin, dernière nuit du séjour avant le long voyage du retour…

 Pause


Un commentaire pour “Rail trip, part 11”

  • yann dit:

    Vachement cool, la dernière photo. Bon, ne poste surtout pas trop vite le prochain article, maintenant. On a pas encore repris l’habitude de voir ce blog en vie ^^

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