Mikrokritik #1

La Planète sauvageLa Planète sauvage

René Laloux, 1973

Une planète étrange peuplée de gigantesques humanoïdes à la peau bleue, une végétation surnaturelle, un bestiaire sorti d’un rêve surréaliste, et parmi ces animaux, l’homme. Bestiole de compagnie distrayante mais difficile à discipliner. Faut-il craindre la rébellion de ces êtres primitifs ? La Planète sauvage est un film d’animation captivant, un voyage hallucinatoire visuel et sonore. L’inversion des rôles est vraiment déstabilisante et on est presque mal à l’aise devant cet homme-insecte que l’on maltraite sans conséquence. Je ne peux pas dire que j’ai été emporté et totalement séduit par l’histoire, mais l’univers très bizarre vaut à coup sûr le coup d’œil, ce film est réellement singulier.

The Virgin Suicides The Virgin Suicides

Sofia Coppola, 1999

Cecilia Lisbon a pas le moral. Cecilia est la plus jeune des cinq sœurs, la première aussi à tenter de mettre fin à ses jours. Qui sont-elles, ces jeunes filles qui rivalisent de blondeur et de troubles de l’âme ? Image patinée, musique suave et mélancolique, The Virgin Suicides est un flashback à la fois moelleux et acide dans les tourments et questionnements des adolescents. Cette ambiance parfaite, léchée, occupe l’espace. Mais à part ça, quid de l’histoire ? Je suis un peu resté sur ma faim, car finalement, il ne se passe pas grand chose. On est là, passif devant de belles images, sans trop pouvoir vraiment saisir ce qui pousse les filles Lisbon vers leur issue fatale.

MacheteMachete

Robert Rodríguez & Ethan Maniquis, 2010

Tout commence par une histoire des plus banales  : un Mexicain maniaque de la gach machette est embauché pour assassiner un candidat au poste de sénateur du Texas, mais c’est en fait un traquenard et alors il va se venger en taillant dans le tas, avec au passage trois porte-conteneurs d’hémoglobine. L’affiche ne nous ment pas : si vous voulez des filles sexy, de la baston et des explosions, vous devriez y trouver votre compte, en qualité et quantité. Avec évidemment une bonne dose de second degré. Je ne suis pas un amateur passionné de ce genre de film, mais j’avoue qu’une fois en passant, c’est pas désagréable.

The Man Who Would Be KingThe Man Who Would Be King [L’homme qui voulut être roi]

John Huston, 1975

Adaptation d’une nouvelle de Rudyard Kipling, The Man Who Would Be King met en scène deux anciens cadres de l’armée britannique en Inde, des aventuriers prêt à tout. Ils se sont lancés un défi fou : devenir les rois du Kafiristan, province mythique jamais conquise par un Européen depuis Alexandre le Grand. La qualité principale de cette palpitante épopée portée par d’excellents acteurs (Sean Connery, Michael Caine), c’est de savoir toujours habillement équilibrer le récit entre l’aventure, l’humour et des sujets plus graves. Si par moment la tension retombe un peu, la dernière partie du film est magnifique. Je l’ai malheureusement vu en VF, ce qui enlève du charme à la pellicule. Un film à revoir en VO donc, dans quelques mois ou années…

RubberRubber

Quentin Dupieux (alias Mr Oizo), 2010

Mettons les choses au clair tout de suite : non, je m’abstiendrai de faire une blague facile, la presse s’est assez gargarisée comme ça avec des jeux de mots à la con à base de gonflé et autres déjantés. Voici donc Rubber, un film dont le héros est un pneu qui, depuis qu’il est « né », n’a pour passion que de tuer tout être vivant passant à sa portée. On aurait pu avoir simplement droit à un grand n’importe quoi délirant. La force de Rubber, c’est de pousser le vice à fond. Quitte à réaliser un truc qui sort du cadre, faisons-le bien, totalement. Et lorsqu’on en vient à ressentir ce que peut éprouver un bout de caoutchouc, on se dit que c’est pour le moins réussi. Le film donne souvent dans le pur surréalisme :  faut-il vraiment chercher à comprendre tous les tenants et aboutissants de l’histoire ? Il se pourrait que tout cela soit fait pour no reason. Mais pour peu qu’on se prenne au jeu, on passe un excellent moment.


4 commentaires pour “Mikrokritik #1”

  • Yann dit:

    Mais… t’as pas parlé de Bienvenue chez les ch’tis? C’est dégueulasse de faire miroiter un running gag bien lourd et lassant si c’est pour ne pas tirer la ficelle jusqu’au bout.
    Sinon, c’est vachement intéressant comme entreprise. Et puis tu arrives assez bien à être synthétique; j’admire ça car j’en suis incapable.
    Le seul de ces films que j’ai vu est Virgin suicides, que j’ai vraiment adoré pour ce spleen qui s’immisce partout, cette douceur mélancolique. Le fait que les actes des soeurs Lisbon restent inexpliqués participe pour moi de cette ambiance, et nous met vis à vis d’elles dans la même position que ce groupe de garçons enamourés qui les observent, fascinés. Presque un de mes films préférés, en fait.

  • Scribe dit:

    Je sais, j’ai merdé sur le coup de Bienvenue chez les Ch’tis, j’ai pas su saisir ma chance de faire un bon gag bien gras sur la longueur.

    Pour la synthèse, ouais, c’est pas vraiment évident pour moi non plus… Content si ça fonctionne bien.

    Pour Virgin Suicides j’ai beaucoup aimé cette ambiance aussi, mais j’ai trouvé que c’était un peu une facilité scénaristique de faire reposer l’essentiel là dessus. Je veux dire, ok, elles ont sans doute des troubles profonds qui les poussent à passer à l’acte, mais on ne fait que percevoir la surface de leur malaise dans le film. Pour passer à l’acte, il faut quand même toucher sérieusement le fond. Pour certaines, on peut comprendre, mais bon, de là à ce qu’elles se suicident toutes… J’aurais aimé qu’on me donne, sinon des réponses, au moins des pistes plus intéressantes à creuser pour comprendre leurs « motivations ».

  • Viriscandela dit:

    On ne va pas de lâcher avec Bienvenue chez les machins, là, jusqu’à ce que tu le voies. Parce que nous autres, minoritaires a-chtisés, n’avons pas le courage, et pour ce qui me concerne pas les appendices requis, pour nous y risquer. Allez, quoi, vas-y !
    Sinon, j’aime le côté chais pas trop, p’têt bien, faut voir… de tes microkritics.
    Et pour mémoire, « La Planète sauvage »= Topor pour le graphisme. Alors forcément, ça aide à obtenir l’excellence. Laloux a aussi adapté un autre bouquin de Wul, ce qui a donné « les maîtres du temps ». Et c’est fois c’est Moebius qui s’y est collé… Topor, Moebius, en ce temps-là, mon brave monsieur, c’était autchose!

  • Scribe dit:

    Les Ch’tis, je pense qu’il y aura peut-être une chance de m’y risquer à la prochaine révolution. Oh, pas que j’imagine qu’une vague ch’timique s’abattre soudainement sur le pays et renverse le gouvernement pour y instaurer un « roi des biloutes », non, je voyais plutôt une révolution terrestre qui nous conduirait immanquablement au Noël prochain, avec à coup sûr un bis repetita de TF1 qui ne se privera pas de nous repasser le plat. Auquel cas je pourrai sauter sur l’occasion. Je ne manquerais ça pour rien au monde (à moins d’une extrême urgence, comme devoir soudainement me couper les ongles ou récurer l’argenterie).
    M’a fait marrer que tu soulignes le côté « chais pas trop, p’têt bien, faut voir », j’avais pas remarqué mais c’est vrai qu’en me relisant j’ai un peu fait des critiques mi-bûche mi-pudding (j’adapte en fonction des mets de saison, c’est ça le professionnalisme). Rassure-toi, j’ai vu un gros navet hier soir (c’est de saison, le navet ?), la prochaine fois il y aura au moins un avis tranché…

    Pour les références citées, je suis terriblement penaud d’avouer que mes connaissances en grands noms de la BD sont encore plus médiocres ma culure cinématographique. Mais merci, je m’en vais promptement m’informer sur tous ces illustres inconnus.

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